Aimons la FRANCE sans exclure

𝗟𝗮 𝘃𝗲𝗻𝘂𝗲 𝗮̀ 𝗕𝗼𝘂𝗿𝗴𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝗖𝗮𝗻𝗼𝗻 𝗙𝗿𝗮𝗻𝗰̧𝗮𝗶𝘀 𝗻𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝗿𝗲𝗴𝗮𝗿𝗱𝗲́𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝘂𝗻 𝘀𝗶𝗺𝗽𝗹𝗲 𝗲́𝘃𝗲́𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗳𝗲𝘀𝘁𝗶𝗳 𝗲𝘁 𝗮𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲. Bien sûr, chacun doit pouvoir se réunir, faire la fête et célébrer notre patrimoine. Mais il est de notre responsabilité collective de regarder aussi ce qui se trouve derrière l’image « conviviale » de ces grands banquets.

Le Canon Français se présente comme un rassemblement autour du terroir, de la gastronomie et de la convivialité. Ces valeurs font partie de notre histoire collective. Mais elles ne peuvent être fantasmées, caricaturées et abandonnées à ceux qui cherchent à en faire une exploitation commerciale et un instrument de reconquête idéologique.
Mediapart a documenté les liens entre le Canon Français et Pierre-Édouard Stérin, milliardaire engagé dans un projet politique visant à favoriser la progression des idées conservatrices et de l’extrême droite. Des enquêtes et analyses ont notamment présenté le Canon français comme un outil participant à cette stratégie d’influence. Ce lien mérite d’être porté à la connaissance des citoyens.
Car derrière l’apparente simplicité d’un repas populaire se pose une question politique essentielle : qui s’approprie aujourd’hui les symboles du peuple, du terroir et de la tradition, et dans quel objectif ?

𝗜𝗹 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗮𝗰𝗰𝗲𝗽𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲 𝗺𝗼𝗻𝗱𝗲 𝗽𝗼𝗽𝘂𝗹𝗮𝗶𝗿𝗲, 𝗹𝗮 𝗴𝗮𝘀𝘁𝗿𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗲 𝗼𝘂 𝗹𝗲 𝗽𝗮𝘁𝗿𝗶𝗺𝗼𝗶𝗻𝗲 𝘀𝗼𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗿𝗼𝗴𝗿𝗲𝘀𝘀𝗶𝘃𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗿𝗲́𝗰𝘂𝗽𝗲́𝗿𝗲́𝘀 𝗽𝗮𝗿 𝗰𝗲𝘂𝘅 𝗾𝘂𝗶 𝗰𝗵𝗲𝗿𝗰𝗵𝗲𝗻𝘁 𝗮̀ 𝗼𝗽𝗽𝗼𝘀𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗙𝗿𝗮𝗻𝗰̧𝗮𝗶𝘀 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗲𝘂𝘅.
Cette vigilance est d’autant plus nécessaire que plusieurs précédents concernant des banquets du Canon Français ont donné lieu à des comportements qui n’ont rien de convivial ou de républicain.
À Caen, lors d’un banquet organisé en avril 2026, des faits rapportés par la presse (Mediapart) ont notamment fait état de saluts nazis et de propos racistes.
Il ne serait ni juste ni responsable d’attribuer ces comportements à l’ensemble des participants d’un événement.
Mais il serait tout aussi irresponsable de faire comme si ces précédents n’existaient pas. La liberté de se reunir et de faire la fête ne dispense personne du respect de la loi, notamment lorsqu’il s’agit de racisme et de xénophobie.
À Bourges comme ailleurs, aucune manifestation, aucun événement privé et aucune opération de communication ne doivent devenir un espace de banalisation du racisme, de l’antisémitisme, de la haine de l’autre ou des symboles nazis.
La plus grande vigilance doit être apportée à tout éventuel débordement afin que les autorités compétentes puissent intervenir chaque fois que cela sera nécessaire.
La France populaire, solidaire et festive ce sont les citoyens qui la font vivre.
Ce sont les agriculteurs, les ouvriers, les employés, les artisans, les fonctionnaires, les retraités, les jeunes, les familles venues de toutes les régions et celles venues d’ailleurs.
Notre patrimoine est le produit de cette histoire collective.
Il n’a pas besoin d’être enfermé dans une identité fantasmée. Il n’a pas besoin d’être opposé à l’immigration. Il n’a pas besoin de désigner certains Français comme plus légitimes que d’autres.

  • On peut aimer la France sans détester l’étranger.
  • On peut défendre nos traditions sans exclure.
  • On peut être fier de notre Berry sans regarder les autres avec mépris.

𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗙𝗿𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗹𝗮̀ 𝗾𝘂’𝗶𝗹 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝗱𝗲𝗳𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲.
Une France populaire et sociale. Une France qui protège son patrimoine mais aussi ses services publics. Une France qui défend ses agriculteurs et ses travailleurs plutôt que les intérêts des grandes fortunes. Une France républicaine, laïque et fraternelle.
Notre patrimoine est commun. Notre ville est à toutes et tous.

Et notre avenir ne sera pas confisqué par les milliardaires ni par l’extrême droite.

Et pour celles et ceux qui veulent passer un moment de convivialité, il y a ce dimanche la fête de l’huma du Cher ! Une fête populaire, familiale et pas chère !

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